Sept ans plus tard
J'ai arrêté le temps pour éviter les larmes.
Hissé le drapeau blanc et déposé les armes
Auprès de cette mer que j'ai tant courtisée
Dans mes rêves reclus. Enfin, j'avais osé.
Quelques temps j'ai vécu d'azur et de marines.
J'ai tapissé de plants ma terrasse mutine.
Rencontré des amis, publié des romans…
Je croyais en la paix mais là, atrocement,
Le monde a bien changé et devient désolant.
Certes j'ai du recul mais je n'ai plus d'allant.
Des matins surprenants plombent mon existence.
Et soudain c'est ma vie qui est vide de sens.
Recrachée l'illusion d'un monde dévasté
Où l'hiver se grimant nous fait croire à l'été ;
Où la beauté vaincue par l'infâme clinquant
Git exsangue dans la boue des vilains croquants.
Je n'ai envie de rien, même pas d'aventures.
J'avais pensé, un temps, à changer de voiture…
Les choses sont affreuses, me tapent sur les nerfs
Tu te moques de moi et dit que j'exagère…
Je regrette ma vie, mes faux pas, mes erreurs.
J'ai besoin de souffler, d'oublier mes aigreurs.
Je me suis tant trompée, trop souvent, entraînant
D'autres vies que la mienne. Cauchemars lancinants…
Sept ans se sont passés. Pas d'autre solution
Face au choix difficile d'une bifurcation :
Soit j'avance et j'attends, soit c'est ma révérence
Que je tire en douceur sans retenter la chance.
Mais flinguer le karma... Est-ce bien raisonnable ?
Même si l'ordinaire est parfois invivable
Et que le libre-arbitre est de mon seul ressort
L'éternité c'est long. Diantre ! Coquin de sort !
Nina Padilha © 17/06/2020
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