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Poésie


Envie de mer

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Si ardent et si bleu, voilà mon ciel d'été

Ponctué de nuages vite déchiquetés.

Ma terrasse fournaise où suffoquent mes plantes,

L'espoir d'une visite : un rêve qui me hante…

 

La fraîcheur d'une bière, regarder les oiseaux

Envie de voir la mer, de poser dans ses eaux

Mes pieds jusqu'aux chevilles et faire quelques pas

Juste pour un instant… Mais attendre que pas

 

Des touristes blafards viennent me perturber.

Patienter dans mon coin et, sans me dérober,

Continuer d'écrire, terminer mon histoire

Garantie sans virus, mais que je veux notoire.

 

Quand seront bien finis les torrides Césars

Je pourrai m'en aller, oublier ce bazar

J'aurai le phare à moi, tout ruisselant d'embruns

Et la plage vidée. A moi le sable brun !

 

  

 

Nina Padilha © 29/07/2020

 

 

 

 


29/07/2020
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Partir

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Effacez mon numéro, je n'y suis plus pour personne.

Mon cœur a changé d'adresse, je n'ai pas le téléphone.

Oubliez mon existence, je renonce à vos sourires

Ce soir je vous dis adieu : j'ai décidé de partir.

 

Ne cherchez pas à comprendre, ne posez pas de questions

Je veux réapprendre à vivre, écrire de nouvelles chansons.

Il se peut que je revienne, qui peut prévoir l'avenir ?

Au prix de votre amitié j'ai décidé de partir.

 

Partir, être bien…

Aller

Par des chemins inconnus

Où mes rêves à demi nus

Ont des reflets de bonheur

Quels que soient le jour et l'heure.

 

Partir, je suis bien...
Allez !

Le lieu n'a pas d'importance

J'y trouverai le silence

A l'ombre des souvenirs

Qui ne pourront pas mourir

 

 

Nina Padilha © 08/08/1978

 


02/07/2020
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Sept ans plus tard

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J'ai arrêté le temps pour éviter les larmes.

Hissé le drapeau blanc et déposé les armes

Auprès de cette mer que j'ai tant courtisée

Dans mes rêves reclus. Enfin, j'avais osé.

 

Quelques temps j'ai vécu d'azur et de marines.

J'ai tapissé de plants ma terrasse mutine.

Rencontré des amis, publié des romans…

Je croyais en la paix mais là, atrocement,

 

Le monde a bien changé et devient désolant.

Certes j'ai du recul mais je n'ai plus d'allant.

Des matins surprenants plombent mon existence.

Et soudain c'est ma vie qui est vide de sens.

 

Recrachée l'illusion d'un monde dévasté

Où l'hiver se grimant nous fait croire à l'été ;

Où la beauté vaincue par l'infâme clinquant

Git exsangue dans la boue des vilains croquants.

 

Je n'ai envie de rien, même pas d'aventures.

J'avais pensé, un temps, à changer de voiture…

Les choses sont affreuses, me tapent sur les nerfs

Tu te moques de moi et dit que j'exagère…

 

Je regrette ma vie, mes faux pas, mes erreurs.

J'ai besoin de souffler, d'oublier mes aigreurs.

Je me suis tant trompée, trop souvent, entraînant

D'autres vies que la mienne. Cauchemars lancinants…

 

Sept ans se sont passés. Pas d'autre solution

Face au choix difficile d'une bifurcation :

Soit j'avance et j'attends, soit c'est ma révérence

Que je tire en douceur sans retenter la chance.

 

Mais flinguer le karma... Est-ce bien raisonnable ?

Même si l'ordinaire est parfois invivable

Et que le libre-arbitre est de mon seul ressort

L'éternité c'est long. Diantre ! Coquin de sort !

 

 

 

Nina Padilha © 17/06/2020

 


17/06/2020
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Yoga

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Je me tiens face à l'est, debout, sur ma terrasse.

Je souris, apaisée. C'est la nuit qui trépasse

Dans une orgie de bleu qui se défait du rose.

Je capte peu à peu la nature des choses.

 

Le vent est à la mer. Éveil des hirondelles.

La course du soleil va incendier le ciel.

Le solstice bientôt, l'analemme inversé.

Les torrides Césars sont déjà empressés.

 

Namasté. Lâcher prise. J'écarte de mes mains

Toutes les vibrations émanant des humains,

Ces animaux grégaires aux instincts lapidaires,

Envahissant l'espace. Leurs cris sont secondaires.

 

Je me recentre bien. Oublier le décor.

Mon souffle est important. Je relâche mon corps.

Des gestes mesurés. Lentement je respire…

Mon âme courbatue retrouve le sourire.

 

 

 

 

 

Nina Padilha © 16/06/2020

 

 


16/06/2020
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Souvenirs d'Afrique

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Je me souviens encore de l'étendue immense

D'un océan bordant les plages de l'enfance,

Et  le vent parfumé soufflant dans les manguiers.

 

Les percussions du ciel effrayantes, soudaines,

Et sur le zinc luisant la pluie, croque-mitaine,

Martelant, entêtée, mille gouttes d'acier.

 

L'équateur embrasé d'un aveuglant soleil

Décantant vers le soir l'impossible sommeil

Claustrée peureusement dans un frêle ergastule.

 

Ah, ces nuits terrifiant mes rêves de donzelle

Suppliant d'éloigner le chant des anophèles

S'efforçant de percer mon bouclier de tulle.

 

 

 

 

Nina Padilha © 12/06/2020

 

 

 


12/06/2020
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