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Agde - poésies


Le calme ce matin

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Photo : © Yolande Zayer 

 

 

 

 

 

Je contemple la nuit, j’écoute le silence.

Pas un pouce de vent. Les étoiles scintillent.

Sirotant mon café, je déplore l’absence

De celui qui, un jour, s’est échappé en vrille.

 

Un criquet s’en émeut. Un rotor dans le ciel :

Un hélico nocturne. Où va-t-il ? Je ne sais.

Il s’éloigne vers l’est. Pas de vol officiel.

Prévision d’un ouvrage, je travaille à l’essai

 

Que j’ai en gestation. Le jour se lève à peine.

Les ombres de la nuit peu à peu se défont.

Le vol d’un goéland, en quête d’une aubaine,

Attire mon regard. La toile se morfond.

 

Puis l’aurore superbe, éblouie de soleil

Vient frapper ma fenêtre en éclats de lumière.

Le jour est arrivé, la ville se réveille.
Les minettes sont là, fidèles, coutumières.

 

J’aime ces heures-là, n’appartenant qu’à moi,

Avant l’agitation qui secoue les humains.

L’amie au téléphone me narrant ses émois.

Je ferai une quiche, pour mon canard, demain…

 

La voisine sourit en m’offrant un café.

C’est un vendredi blanc : les bougies se consument.

Et les déflagrations, dont j’attends les effets,

N’émeuvent pas la paix où reposent les plumes…

 

 

 

Nina Padilha © 16/09/2022


16/09/2022
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Pourquoi la lune

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On me dit doctement : elle est artificielle.
Mais je ne le crois pas. Impossible à mes yeux.

Sa rondeur maléfique, sa beauté irréelle

Et ses rayons puissants qui transpercent les cieux…

 

Elle secoue mon repos, m’empêche de dormir,

Titille mon mental, allume cauchemars

Et rêves débridés, donne envie de vomir…

Chaque fois c’est pareil. Franchement, j’en ai marre.

 

Alors, si elle est fausse, quelle est donc cette emprise ?

Pourquoi un tel impact sur mon être sensible ?

Morphée qui m’abandonne, cédant à sa traîtrise…

Alors que des amis n’en sont jamais la cible.

 

La semaine dernière, c’est à peine deux heures

Que j’ai pu somnoler. Ma plume dérisoire

Venue à mon secours, me tente dans le noir.

Sur un vélin complice, lors j’écris sans humour…

 

 

 

 

Nina Padilha © 13/09/2022

 

 

 


13/09/2022
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Vendredi tempétueux

 

 

 

Le vendredi, pour moi, depuis des décennies,

Est un jour mitigé et je me prémunis.

Le pire et le meilleur peuvent me parvenir.

Parfois au même temps. Toujours sans prévenir.

 

Des nuages vilains se sont accumulés ;

Le soleil éclatant soudainement voilé.

Bienheureuse visite : j’attendais mon amie.

Et la pluie, après tout, n’est pas une ennemie !

 

Je ne devinais pas que l’imminent orage

Serait dévastateur. Une tempête rage !

Des rafales de vent, des éclairs aveuglants

Un tonnerre violent, tropical et cinglant.

 

Une pluie en cascade, un énorme déluge

Nous étions protégées, bénissant le refuge

Mais des plantes cassées, la terrasse inondée

De la terre et de l’eau … Tout était dégradé.

 

L’édredon anthracite, s’éloignant vers la mer,

Fit naître des soupirs, et un sourire amer.

L’accalmie était là. La nuit serait paisible.

Au matin les dégâts étaient plus que visibles.

 

Nettoyer paraissait tache insurmontable.

Mais l’amie était là, Son aide inestimable,

Sa bonne volonté, son efficacité…

Le nettoyage craint fut bien vite acquitté.

 

Et la fin de semaine se montra souriante

Entre échanges et partages. Son aura bienveillante

Illuminait mon âme et me rendait mes ailes

Car avec sa présence la vie est vraiment belle.

 

 

 

 

Nina Padilha © 05/09/2022

 

 


05/09/2022
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Vendredi orageux

 

 

 

 

 

Les Biquets rassemblés à deux pas de chez moi !

J’attends ce rendez-vous depuis presque deux mois.

J’avais bien l’intention d’aller leur dire bonjour

Mais le temps contrarie mes intentions du jour.

 

Ce matin, au réveil, j’ai regardé les cieux.

Il faisait nuit encore. Pourtant, et c’est vicieux,

Aperçu des étoiles, dans le creux des nuages

Puis, au loin, des lueurs… Peut-être que l’orage

 

Serait pour les Cévennes ; nous serions épargnés ?

Ce massif est, ma foi, de ma ville éloigné.

Que nenni ! Tout à coup, un éclair fulgurant

Illumine les nues. Le grain, vociférant,

 

Continue de plus belle. C’est beau mais inquiétant.

Je me fais un café, je me pose et j’attends.

Dégouline la pluie, ruissellent les auvents.

Les palmes des braheas frémissent dans le vent.

 

L’eau s’infiltre partout et la terre stérile

Abreuvée ton son saoul se transforme en argile.

Puis le calme revient. Et soudain l’éclaircie.

Peut-être que Phébus rayonnera aussi ?

 

Nous verrons tout à l’heure, je ne suis pas pressée.

La tourmente pourrait très bien recommencer.

Ma plume, complaisante, me voyant désolée,

Esquisse quelques vers pour mon cœur consoler.

 

 

 

 

Nina Padilha © 02/09/2022

 


02/09/2022
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Bonjour septembre

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Ma ville retrouvée accueille les Biquets.

Je les entends déjà ronronner alentours.

J’irai les saluer, puisqu’ils sont de retour.

Et j’rai voir la mer. Ô ce qu’elle m’a manqué !

 

Les touristes partis, les rues sont apaisées.

Les journées sont baignées d’un soleil généreux ;

J’irai me balader. Et mes amis heureux

S’en viendront en visites. On pourra deviser

 

Autour d’un verre de bière, d’une part de gâteau ;

Parler des lendemains qui pointent cet automne,

De ceux bien réveillés, ceux qui encor’ détonnent

Et de l’effondrement de l’ignoble château.

 

 

 

 

Nina Padilha © 28/08/2022

 

 


28/08/2022
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