les-nouvelles-chaises-de-nina

les-nouvelles-chaises-de-nina

Le règne de Vulcain

Brasil_chora.gif

 

 

 

 

 

La forêt millénaire, quasi inextricable,

En proie aux incendies, immenses, formidables.

De terribles images du poumon de la terre

Inondent les réseaux et le monde s'altère

 

Chaque jour un peu plus. Les coupables ? Humains.

Détruisant aujourd'hui leur maison de demain.

Morbides, scélérats : ses défauts coutumiers.

C'est la faune, la flore et les peuples premiers

 

Qui meurent brûlés vifs. J'ai le cœur dévasté.

L'Amazonie en cendres… Mais quelle absurdité !

Et la nuit se rapproche, prête à nous engloutir.

Le règne de Vulcain va nous anéantir.

 

 

Nina Padilha © 22/08/2019

 

 


22/08/2019
6 Poster un commentaire

Bientôt, les hirondelles…

Hirondelle.jpg

 

 

 

 

 

C'est juste un peu de pluie, bienvenue, apaisante,

Tombée pendant une heure. Les pierres sont luisantes.

Et je suis descendue, comme tous les matins,

Nourrir les petits chats, les oiseaux, si mutins.

 

Des cadeaux quotidiens qui ouvrent ma journée,

Routine souriante : c'est donner pour donner.

S'écartent les nuages, Phébus est bien timide.

Mais les jardins, enfin, sont heureux et humides.

 

Elles fendent le ciel, joviales, à tire d'ailes.

Dans le ciel agathois, volent les hirondelles.

Bientôt elles partiront, jusqu'à l'année prochaine.

Là, elles testent leurs vols en joyeuses fredaines.

 

Au printemps revenu, elles seront de retour.

Si tout se passe bien, si victimes à leur tour,

Elles ne meurent ailleurs, supprimées en chemin.

Les hommes sont ainsi : cruels et inhumains.

 

 

 

 

Nina Padilha © 19/08/2019

 


19/08/2019
4 Poster un commentaire

La nuit, Séléné…

Lua laranja.jpg

 

 

 

 

 

La nuit bien courte, Séléné…

Debout très tôt : potron minet.

Au firmament brillait Orion.

Et l'appel strident d'un grillon

 

La nuit pénible, Séléné…

Et me voici, caféinée,

Parmi les plantes endormies.

L'aube s'esquisse à demi.

 

La nuit si trouble, Séléné…

Les ombres se sont acharnées.

Mais, libérée de ton emprise,

Ce soir la paix sera de mise.

 

 

Nina Padilha © 16/08/2019

 

 

 

 

 


16/08/2019
0 Poster un commentaire

Été 2019

Coeur-de-citron.jpg

 

 

 

Junon a fait l'été torride, calcinant.

Une touffeur extrême, un soleil implacable,

La mer aux vagues molles, le sable bouillonnant

Et les adustes sols devenus inflammables.

 

A l'ombre de mon antre, j'écoute les clameurs

Des peuples stupéfaits brandissant leurs colères.

Des fous sont au pouvoir et la terre se meurt,

Salie, empoisonnée. Notre fin s'accélère.

 

Plus d'abeilles, d'oiseaux. L'insouciance est de mise.

L'humain, ce prédateur… Corrompu par l'argent.

Palabres sans effet. Tant pis pour la banquise !
Aucune compassion. Peu importe les gens.

 

J'ai le cœur à l'envers, je deviens plus sensible.

Ma plume s'est figée, aujourd'hui dissonante.

Je pleure le passé, quand tout était possible,

Quand j'offrais mon sourire aux lendemains qui chantent.

 

 

 

 

Nina Padilha © 15/08/2019

 

 


15/08/2019
8 Poster un commentaire

Nuits brésiliennes

Arara voo.jpg

 

 

 

Je me souviens de ciels où volaient les aras

Dans la moiteur des jours, au-delà du Pará,

Où la vierge forêt, quasi inextricable,

Offrait son ombre verte aux parfums incroyables.

 

Et ces nuits de velours sous la voûte étoilée,

Des bourdonnants insectes, du hamac entoilé

Où mes rêves d'alors engendraient des chimères,

Nourries par les frayeurs et le confort sommaire.

 

Je me souviens des heures enivrées de musique ;

Qui battaient Carnaval aux rythmes frénétiques…

Paillettes, confettis, naturels débridés

Dans un état second, hilares, enfiévrés…

 

Les rues illuminées balisant mon retour ;

Les alizés soufflant la promesse du jour ;

La vie qui s'endormait mais qui vibrait encore

Et le métal glacé blotti contre mon corps.

 

Je me souviens de nous, de l'amour en partage…

Des souvenirs enfouis qui, quelques fois, surnagent

Aux silences échus, dans un alcool complice

Malgré le temps passé sur ce qui fut jadis.

 

De ces nuits brésiliennes se rappelant à moi

Et ces regards éteints, les échos de ces voix…

Tout un pan de ma vie, quasiment effacé

Qui ne reviendra plus, un vécu dépassé.

 

 

Nina Padilha © 16/02/2014


06/08/2019
6 Poster un commentaire


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser