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Poésie


Hier, avec l'orage

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Voilà les porteurs d'eau déambulant, sauvages,

Dans un ciel hésitant entre azur et argent.

Souffle la Tramontane et passent les nuages…

Combleront-ils les vœux que font les pauvres gens ?

 

La nuit vite tombée. Un éclair au lointain.

Un autre et plus encore. Les ombres triphasées.

Roulement du tonnerre. Quelques gouttes, soudain.

S'offre, avide, la terre, maintenant apaisée.

 

Puis l'ami brésilien venu avec l'orage

Mettre du baume au cœur en sucrant mon cafard.

Ses mots justes, gentils, m'ont donné du courage.

Salut aux Orixás, à leur secours sans fard.

 

L'averse terminée, emportant, en rigoles,

Mes dols récalcitrants incrustés de soupirs,

L'ami est reparti en laissant ses paroles.

Qui m'ont bercé longtemps et j'ai pu m'assoupir.

 

 

 

Nina Padilha © 19/08/2017

 

 

 


19/08/2017
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Règne d'Hybris

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Le visage du livre regorge d'inepties.

Empli de suffisance c'est l'Hybris au pouvoir.

Son règne arrogant, aux ramifications tordues,

S'étale sans vergogne. Je n'ai pas réussi

A m'y faire une place. Être plutôt qu'avoir

Se taille la part belle et chacun veut son dû.

 

Tout comme l'oiseau bleu, aux egos dilatés,

Émettant, chaotiques : M'as-tu vu ? Me voilà !

Vingt, quarante messages, qui les lit ? Nul ne sait.

La fatigue m'étreint. J'ai le cœur déserté.

Le monde bat de l'aile. Ivre de blablablas,

Je me tais à nouveau. Pas de nouvel essai.

 

Mais je respire encore. Pas pour longtemps, j'espère.

Je me défais de tout. Rien je n'emporterai.

L'ire honnie qui m'habite bride-t-elle mon allant ?

Mes cris et mes écris, toi qui vient d'être père,

Fais-en don à Vulcain. Ils n'ont aucun attrait.

Mes derniers vers, peut-être te seront insolents.

 

 

 

Nina Padilha © 17/08/2017

 

 

 

L’hybris, ou aussi hubris, du grec ancien ὕϐρις / húbris, est une notion grecque qui se traduit souvent par « démesure ». C'est un sentiment violent inspiré des passions, particulièrement de l'orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance et la modération.

 

 


17/08/2017
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Borne finale

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C'est un matin stérile, de ceux que je redoute.

Vacuité de ce jour pour des idées en friche.

Et si c'était, enfin, la borne de ma route ?

J'ai tout fait, tout écrit, le reste, je m'en fiche.

 

J'ai fait un tour en ville mais très rapidement.

Puis rentré me cacher, courtiser le silence.

Les heures passeront, ponctuées, par moments

De fugaces regrets. De remords, si j'y pense.

 

Que deviendra ce monde ? Je le hais, c'est peu dire.

Car il n'est pas viable, court à sa décadence.

L'abyssale ignorance ronge de mal en pire.

Traverser le miroir sera ma seule chance

 

De renaître lumière. La vie ? Une étincelle !

Mais ne plus revenir. Trop de choses en mémoire.

Laisserai-je une trace ? Vous me la baillez belle !

Mon nom s'effacera. Ça, vous pouvez me croire.

 

 

 

 

Nina Padilha © 12/08/2017

 

 

 

 

 


12/08/2017
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Chaque jour qui passe

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Chaque jour qui passe

Est un jour de plus.

Lentement s'efface

Jusqu'au terminus.

 

Entre vers et prose

Voguent les pensées.

Se fane la rose…

Dois-je renoncer ?

 

Loin de cette ville

Où murmure l'eau ;

Serai-je tranquille ?

Un autre tableau

 

Serait-ce possible ?

Aller de l'avant

En changeant de cible…

L'invisible vent

 

N'a pas de réponse.

Rien n'est merveilleux.

Une vie absconse

Puis fermer les yeux.

 

 

 

 

Nina Padilha © 27/07/2017

 

 

 

 

 


27/07/2017
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Affreuse lunaison

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Elle est si belle, ronde en sa robe orangée ;

Passant, indifférente, en prenant tout son temps.

Sait-elle que son aura se plaît à déranger

L'impossible repos que j'espère pourtant ?

 

Et me voici debout, errant dans la maison,

Tentant de retrouver la trace de mon rêve.

De nouveau je subis l'affreuse lunaison

Et j'attends, tristement, que le soleil se lève.

 

La nuit est silencieuse. Des ombres familières

Glissent autour de moi. J'ai le cœur à l'envers.

Pour les effaroucher, je fais de la lumière.

Dans ma tasse de thé barbotent quelques vers…

 

 

 

Nina Padilha © 11/07/2017

 


11/07/2017
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